CHARGE MENTALE : la Pleine Conscience en soutien

   Le temps de travail, et plus généralement la part que notre activité professionnelle occupe dans nos vies est un sujet d’actualité permanent : 35 heures, retraites…

   Et pour cause, dans l’esprit commun, de ce temps dépend celui consacré à la famille, aux amis, aux loisirs et au repos, c’est-à-dire à ce qui constitue les moments de bonheur de la vie !… 

   Or pour bien vivre dans la sphère privée, et plus précisément dans l’univers domestique, encore faut-il que les choses s’y déroulent sans difficulté.

   Pour cela, il faut que tout soit anticipé et organisé pour que rien ne manque et que la vie s’écoule tranquillement : il faut penser à tout et tout le temps.

   L’espace occupé par la gestion de cette organisation domestique dans l’univers de nos pensées a été défini par le terme charge mentale.

   Dans cet article, nous décrirons simplement ce qu’est la charge mentale, en la distinguant du stress et du burn-out.

   Puis je vous proposerais quelques pistes pour l’alléger, que ce soit en termes d’organisation, mais aussi à travers le regard que la Pleine Conscience nous permet de porter sur nos propres comportements.

CHARGE MENTALE ?

   La chercheuse Nicole Brais définit la charge mentale par ces termes : « le travail de gestion, d’organisation et de planification qui est à la fois intangible, incontournable et constant, et qui a pour objectifs la satisfaction des besoins de chacun et la bonne marche de la résidence. »

   On distingue donc la réalisation des tâches domestiques, de tout ce à quoi il faut penser pour les réaliser.

   Préparer les repas est une chose, planifier leurs réalisations, prévoir le stocks d’ingrédients, et donc organiser les courses pour les acheter… sont d’autres données à prendre en compte, et qui sont indispensables pour que les repas deviennent des moments de plaisir partagés !

 

   Sans oublier que chaque repas doit être équilibré, tenir compte des contre-indications alimentaires et des papilles gustatives de chaque membre de la famille…

   Bien entendu, ceci s’applique à chaque repas, et cette planification s’intègre dans une multitude d’autres tâches indispensables à l’harmonie du foyer  : prévoir la chemise porte bonheur de monsieur pour sa réunion du jour, ne pas oublier le rendez-vous avec la prof de math du dernier, penser à conduire la grande à son cour de musique, faire livrer des fleurs pour l’anniversaire de belle maman etc…

   Clichés ?

   Aujourd’hui, encore 60% des tâches ménagères sont réalisées par Madame qui prend aussi en charge 70% de l’éducation des enfants.

   La quasi-totalité de la gestion et de la planification des tâches du foyer sont encore réalisées par madame, et si Monsieur sait faire tourner la machine, encore faut-il lui dire quand le faire car l’initiative n’est pas innée…

   C.Q.F.D.

CHARGE MENTALE, STRESS ET BURN-OUT : LES LIENS ?

   Depuis quelques décennies, les études dans le domaine des neurosciences ne cessent d’approfondir les connaissances de notre activité cérébrale et de décrire son lien avec l’évolution de nos modes de vie.

   Plus particulièrement, dans le monde du travail, les phénomènes tels que le stress ou le burn-out sont des sujets qui constituent des thèmes de discussion fréquents, tant autour de la machine à café que sur les plateaux TV et radios où ils sont régulièrement abordés.

   De là peut-être des confusions que l’on constate régulièrement, et que je vous propose d’éclaircir.

   Pour reprendre la définition du stress (lien vers l’article)  : le stress est la réponse, physiologique ou psychologique, de notre organisme à un facteur susceptible de menacer son équilibre, et dont la répétition peut avoir des impacts sur la santé.

   La charge mentale correspond à la bande passante consacrée l’organisation opérationnelle des tâches domestiques. Elle a pour conséquence la fatigue et la surcharge intellectuelles, qui elles-mêmes constituent un déséquilibre de l’organisme.

   Charge mentale et stress sont donc 2 phénomènes différents, mais l’on comprend que la charge mentale favorise l’atteinte d‘un état de stress, et notamment d’un état de stress chronique par les déséquilibres qu’elle peut générer.

   A l’autre extrémité de ce processus, le burn-out (syndrome d’épuisement généralisé) est la conséquence d’un stress chronique en milieu professionnel (mais dont les causes ne sont pas que professionnelle).

CONSEQUENCES ET RISQUES D’UNE SURCHARGE MENTALE

   La charge mentale, bien que de source domestique, impacte à la fois l’activité professionnelle et la sphère privée.

Impact sur l’activité professionnelle

   Considérons que notre cerveau peut traiter 2 catégories de données, celles liées aux activités privées et celles liées aux activités professionnelles.

   On comprend alors que plus la capacité du cerveau dédiée à une catégorie est importante, moins le sera celle dédiée à l’autre…

   En regardant le sujet sous ce prisme, force est de constater que les femmes et les hommes ne sont pas en situation équivalente face aux tâches professionnelles : l’attention, l’énergie et le temps consacrés à la gestion de l’entreprise familiale diminuent d’autant plus la part consacrée à l’activité professionnelle.

   A l’évidence, pour un même niveau d’activité professionnelle, l’énergie et l’activité cérébrale que devra fournir une femme sera supérieure à celle d’un homme !

   Il n’est donc pas surprenant qu’une mère de famille sur 2 affirme avoir souvent l’impression qu’elle « ne va pas s’en sortir » dans son travail, alors que ceci concerne un tiers des pères de famille.

   Autre illustration : en 2015, 1.2 millions de femmes sont en situation de temps partiel subi, contre 400 000 hommes.

La charge mentale : épuisement et rempart face au bonheur quotidien

   Un symptôme régulièrement retenu : le sentiment d’épuisement général vécu par une majorité de femmes.

   Et pour cause, lorsque madame termine sa journée d’activité professionnelle, son second job redémarre immédiatement : à vrai dire il ne s’est jamais arrêté…

   On comprend aisément que la double journée vécue par les femmes qui exercent une activité professionnelle constitue une source importante de fatigue physique et mentale.

   Dans de telles conditions, quid de la vie sociale et du temps pour son bien-être personnel ?

   Bon nombre d’entre-elles avouent que la vie sociale passe après, ainsi que le temps pour prendre soin d’elles-mêmes soit aussi sacrifié du fait des contraintes domestiques.

IL EST POSSIBLE DE FAIRE AUTREMENT

   Les études sur l’origine des comportements humains montrent que le rôle de la femme était celui de s’occuper des conditions de vie au sein du foyer, alors que celui de l’homme était orienté vers la protection et l’apport de nourriture.

   Ces comportements sont profondément ancrés dans nos gènes, et chez la femme demeure un sens profond de donner le meilleur d’elle-même pour le bonheur des membres de son foyer.

   A l’évidence, se sacrifier et omettre de prendre soin de soi ne permettent pas de mieux se consacrer aux autres, ne serait-ce que du fait de la fatigue engendrée.

   Les conséquences étant réelles pour la santé, c’est aussi l’harmonie du foyer qui sera mis en péril à plus ou moins long terme.

   Plusieurs alternatives sont envisageables :

Favoriser l’équilibre de la charge mentale au sein du foyer

   La vie de caverne est révolue et il est temps que les hommes cessent d’être infantilisés !

   Par le dialogue, il est possible d’instaurer une répartition des activités : si l’homme doit sortir la poubelle, il doit également connaître les jours dédiés à chaque couleur, prévoir et vérifier les stocks de sacs et s’assurer d’inscrire leur achat sur la liste de course quand cela sera nécessaire…

   Pourquoi ne pas impliquer les enfants ? Eux aussi participent à la vie du foyer, et s’occuper du lave-vaisselle peut-être un exemple de participation….

   Mais pour cela, il est important que la femme accepte aussi que les choses ne soient pas aussi bien faites que lorsqu’elle s’en charge…

   Alors, à vous de décider du premier conseil de famille sur le thème « et si on prenait soin de nos vies ensemble ? » : peut-être autour d’un bon repas de Junk Food commandée en ligne, ou que le plus jeune irait chercher en scooter…

Séquencer les activités quotidiennes.

   Comme nous l’avons vu, la surcharge mentale est liée au fait de vouloir traiter trop de données en même temps. Plus nous essayons de gérer de choses, moins nous sommes efficaces : nous risquons des erreurs donc nous augmentons les contrôles, nous devons parfois refaire les choses plusieurs fois…

   Puis vient le moment où notre cerveau ne peut plus gérer car il n’y a plus assez de place !

   L’une des solutions est de séquencer notre activité en tâches plus fines : avec une telle planification, on évite les cumuls ingérables de choses à réaliser.

   Une utilisation utile du smartphone ?…

Prendre soin de soi !

   Avec le temps, la gente féminine a tendance à réduire, voire effacer, son espace de vie personnel et de ne vivre que dans l’espace de vie familial. L’homme semble en effet conserver plus de place pour lui-même.

   Il est important pour l’équilibre personnel de distinguer sa propre bulle et de prendre le temps de se consacrer à une activité qui entretienne cet espace intime.

   Faire régulièrement du sport ou pratiquer une activité artistique sont d’excellentes opportunités pour préserver sa connexion à soi et à son corps !

LA PLEINE CONSCIENCE POUR VOUS ACCOMPAGNER !

 

   La pratique de la Pleine Conscience favorise l’écoute et la bienveillance : en ce sens elle constitue une attitude précieuse pour l’instauration d’un dialogue plein de compréhension et d’amour au sein du foyer.

   La Pleine Conscience utilise des techniques qui permettent de développer une meilleure écoute de soi à travers ses pensées, ses émotions et ses sensations. Elle facilite ainsi l’anticipation d’une surcharge mentale et offre d’autres alternatives à ses conséquences prévisibles.

   Certains programmes de Pleine Conscience, tels que le programme Apprendre à s’écouter proposé par l’association Le Guide et l’Âne, permettent d’apprendre à gérer le stress, les émotions et la charge mentale.

   Le Yoga, le Qi Kong sont aussi d’excellentes activités qui peuvent être débutées à n’importe quel moment de la vie : pourquoi ne pas essayer un cours lors d’un prochain salon bien-être, c’est aussi l’occasion de développer du lien social !

 Guillaume Chaize 06 juin 2022

 

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